Comité intersyndical pour l'assainissement du lac du Bourget

Commémoration

Le 19 octobre 2012, de nombreuses personnalités se sont réunies au Bourget-du-Lac pour commémorer les 30 ans de la galerie de rejet au Rhône des effluents épurés des agglomérations chambérienne et aixoise.

Un anniversaire pas tout à fait à l'heure : la galerie a été mise en service le 21 janvier 1980. Ce sont donc 32 années qui se sont écoulées depuis. La date du 19 octobre 2012 a été retenue pour honorer le centenaire de la naissance d’André Blin, ancien président du SILB (aujourd’hui la CALB) et grand artisan de ce projet titanesque.

Petits rappels historiques :

Dans les années 1960, le lac est menacé d’eutrophisation. Les rejets de matières organiques et de sels nutritifs provenant des habitations, des industries et des exploitations agricoles favorisent les efflorescences d’algues dans le lac. En se décomposant, cet excès de production végétale consomme l’oxygène de l’eau. Les couches profondes s’asphyxient et les couches supérieures s’obscurcissent. Sur les rives, l’eau est opaque ; les baigneurs marchant dans l’eau ne voient plus leurs pieds. Les pêcheurs ne sortent plus de poissons car les filets sont pleins d’algues. Les touristes fuient. Le lac se meurt inexorablement.


Les études réalisées à la fin des années 60 démontrent que le sauvetage du lac ne pourra se faire que par une diminution drastique de 95% des rejets d’éléments nutritifs. La modernisation des stations d’épuration de Chambéry et d’Aix-les-Bains ne permettrait pas d’atteindre seuls cet objectif car il resterait encore trop de phosphates à la sortie des stations pour inverser la tendance.
En 1971, Le Monde évoque le sauvetage du lac d’Annecy par l’exportation des rejets à l’aval du lac. Le même principe est alors envisagé sur le lac du Bourget.
La solution retenue en 1972 consiste à collecter les eaux usées épurées sortant des stations d’épuration de Chambéry, du Bourget-du-Lac et d’Aix-les-Bains, pour les rejeter hors du bassin versant. Cette solution gravitaire en tunnel représente certes un investissement plus lourd mais nécessite un fonctionnement nettement inférieur, car il n’y a pas besoin de station de pompage.


L’opération de rejet comprend donc :

  • Le creusement d’une galerie de 12,3 km de long sous le Mont du Chat,
  • La pose d’une conduite de 1,20 m de diamètre sur 8,2 km pour relier la station d’épuration de Chambéry à l’entrée de la galerie,
  • La pose d’une conduite de 60 cm de diamètre sur 7,6 km pour relier la station d’épuration d’Aix-les-Bains à l’entrée de la galerie.

Le chantier est confié aux sociétés SGE et Fougerolles (pour le creusement de la galerie) ; SADE et CGE (pour la pose des conduites). C’est la DDE qui assure la maîtrise d’œuvre du chantier.
Le creusement de la galerie se heurte continuellement à de graves difficultés géologiques : la mauvaise tenue des terrains impose souvent un soutènement métallique qui ralentit considérablement l’avancement. Avec tous ces aléas, les délais explosent. La progression se fait à raison de 6 m/jour contre les 12 m/j du marché.
Au final, le chantier se réalise en 60 mois (5 ans) au lieu des 30 mois prévus. Le tunnel est totalement percé en octobre 1978. L’année 79 est consacrée au bétonnage du radier et de la voûte. L’ouvrage est mis en service le 21 janvier 1980.


Sur le plan financier, le coût prévisionnel de 55 MF est porté à 90 MF à la suite des travaux complémentaires rendus nécessaires par les aléas géologiques. Les révisions de prix s’élèvent à 76 MF du fait de la croissance rapide de l’index des prix (doublement entre 1972 et 1977). A cela s’ajoute 4 MF d’intérêts moratoires, destinés à indemniser les entreprises des conséquences des retards dans le versement des subventions.
Le coût total de l’opération est finalement de 170 MF, financé à hauteur de :

  • 35% par le Ministère de l’Intérieur
  • 25% par l’Agence de bassin
  • 20% par le Ministère de l’Environnement
  • 10% par les Collectivités
  • 10% par le Département

Impacts sur le milieu :

Dans les années 70, alors que les rejets de phosphore dans le lac sont estimés à 300 tonnes par an, les scientifiques prévoient que le lac ne pourra être sauvé qu’en descendant sous les 30 tonnes par an. Cet objectif est atteint pour la première fois en 2005.
En 2011, pour la première fois depuis plus de 50 ans, la concentration en phosphates dans le lac du Bourget a atteint 10 µg/L. Il y a 30 ans, la concentration était de 120 µg/L.


La galerie de l’Epine est née sous l’impulsion d’un homme, André Blin, doté d’une volonté à toute épreuve. Jean Blanc et Louis Besson eurent des rôles majeurs, notamment pour faire adhérer l’agglomération chambérienne au projet et surtout à son financement.

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